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Les Spectacles de la Foire.
nacé les plaignans de fe retirer fi ledit Octave y reftoit. De ce que delTus nous requièrent acte.
Signé : M. Duchemin; De St-Edme.
{Archiva des Comm., n'. 3814.)
II
L'an 1712, le 2- jour d'août, entre cinq ct fix heures du foir, nous André Defacq ct Nicolas Guérin, ctc.,prépofés pour la police au quartier St-Denis, étant dans l'enclos de Ia foire St-Laurent et nous promenant dans Ies allées d'icelle pour voir s'il ne s'y paffoit rien au préjudice dos ftatuts et règlemens du bon ordre et de la fureté publique, avons aperçu qu'il y avoit quelque tumulte au préau de ladite foire, où eft le jeu de danfeurs dc corde de la troupe du nommé Dominique, et le fergent aux gardes dc la compagnie prépofé pour la garde de ladite foire, lequel arrivoit audit préau avec quelques foldats de la garde. Pourquoi nous nous y ferions tranfportés pour voir ce qu'il y avoit et de quoi il s'agiffoit, et y étant arrivés, y avons trouvé beaucoup de monde affemblé et le nommé Bazin, lieutenant de la compagnie de M. le lieutenant criminel de robe courte, lequel faifoit entendre avec jure­ment et emportement aux fleur et dame de St-Edme, intéreups audit jeu, qu'il n'entendoit pas qu'ils fiffent continuer leur jeu, qu'il alloit faire em­pêcher que l'on entrât en icelui et qu'il vouloit que ceux qui y étoient en fortifient et qu'il avoit ordre de Monfieur le Lieutenant général de police de faire fermer ledit jeu, dont lefdits fleur et dame de St-Edme étoient fort furpris et étonnés, et faifoient des fupplications audit Bazin de différer au lendemain l'exécution de cet ordre, attendu que le jeu étoit ouvert et qu'il y avoit plufieurs feigneurs et dames de la Cour, entre autres Madame la du-cheffe de la Meilleraye et M. le chevalier de Mcfmes, que prefque toutes les loges, le parquet, le théâtre et l'amphithéâtre étoient remplis et que le jeu étoit commencé. Auxquelles fupplications ledit Bazin n'a eu aucun égard et fur-le-champ a commandé au fergent des gardes fufmentionné de lui faire venir des foldats de Ia garde en nombre fuffifant pour faire fermer ledit jeu et faire fortir ceux qui y étoient. Ce que nous voyant,aurions tiré à quarticr ledit Bazin et lui aurions demandé fi effectivement il avoit un ordre de Monfieur Ie Lieutenant général de police' pour faire ce qu'il faifoit, et lui avons dit de nous le repréfenter : Lequel Bazin nous auroit répondu avec beaucoup d'infolence : Oui, qu'il avoit l'ordre f..... et qu'il n'avoit point à nous le communiquer et s'en feroit allé d'un autre côté en parlant avec beaucoup de hauteur et avec juremens et emportemens auxdits fleur et dame de St-Edme. Et cependant ferions entrés dans le jeu pour voir en quel état les chofes étoient et aurions vu le jeu prefque entièrement rempli de monde dans toutes les différentes places et que l'on finiffoit la danfe de la corde.